30 août 2016 -

Exhibitionism | L’expo 3D géante The Rolling Stones à la Saatchi Gallery de Londres

Immersion 3D complète dans l’exposition la plus vaste jamais réalisée sur le groupe immortel. Leur carrière, leur discographie, leur vie ensemble, le tout ponctué par un concert 3D époustouflant.

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nous avons profité du week-end dernier pour visiter la Saatchi Gallery et l’exposition consacrée à The Rolling Stones, très probablement la plus vaste jamais consacrée au groupe. On y vogue entre guitares originales, tenues d’époques, maquettes des scénographies ou reconstitution de l’Olympic Studio.

Un peu à l’image de David Bowie Is passée par la Philharmonie de Paris, l’exposition immersive nous plonge dans l’univers du groupe de rock qui a su, au fil du temps, osciller entre adaptation – à une époque, à un style, à un courant – et constance – blues, travail et passion.

The Rolling Stones in the early stages, « Time is on My Side »

« There was no time off in those days. For three or four years we maybe had ten days or two weeks off in the whole year. At that age you’ve got non-stop energy and if things are working out and you’re on the trail of something, you don’t really notice how hard it is » Keith Richards

On commence l’exposition par une infographie plus que parlante : The Rolling Stones ont joué près de 2000 concerts sur 52 ans. On ne peut qu’être admiratif face à la longévité du groupe qui – vu à deux reprises au Stade de France – garde de sa superbe à travers les âges.

On progresse ensuite chronologiquement et thématiquement dans l’histoire des Rolling Stones. On passe alors dans des reproductions des chambres d’époques, les lits mal faits, les vinyls de Muddy Waters sur le sol. On contemple les vieilles guitares, de l’Harmony à la Gibson Hummingbird. On s’arrête avec émotion sur les toutes premières feuilles de déclaration de droits d’auteurs de Mick Jagger et Keith Richards.

Recording as much as you can, « There’s no time to lose, I heard her say »

Charlie was sitting at his drum for 18 hours straight and that was nothing unusual”. Keith Richards

The Rolling Stones are incredibly diverse individuals who have huge personalities. […] When all of it converges, you get something magical”. Don Was

On entre ensuite dans une salle répliquant l’Olympic Studio de Londres, où The Rolling Stones ont enregistré des albums mythiques, Beggars Banquet et Let It Bleed inclus. Des mixs sur des tablettes sont installés afin de programmer soi-même les morceaux mythiques des Stones, permettant d’écouter séparément la voix de Mick Jagger, les riffs de Keith Richards jusqu’aux Ouh Ouh sur Sympathy For The Devil.

De très bons témoignages face caméra de la part de Don Was et Keith Richards évoquent les Rolling Stones en studio. On y apprend que Charlie Watts était « solid as rock », capable de rester des heures sans bouger et garder la même force de frappe ou que Ronnie Wood avait « the enthusiasm of a 9 year old kid », toujours à la recherche d’un nouvel instrument ou d’un nouveau son. D’après Don Was, Keith Richards était mû par une intuition viscérale, « always trying to find the sound you’re hearing in your head ». Quant à Mick Jagger, il avait ce type de voix qui, en studio, traverse cette ligne imaginaire qu’il y a entre la machine et l’oreille ; une voix dont la singularité et la force vous enveloppe et vous submerge. Tous les Stones étaient animés par l’obsession de la bonne prise. Il n’y avait aucune place pour la médiocrité, « it was not enough to be ok ». Une intransigeance musicale que l’on comprend être une des raisons primordiales de la longévité exceptionnelle du groupe.

Touring and lasting forever, « We’ve been around for a long, long year »

On évolue ensuite dans l’environnement des Rolling Stones et leur influence au fil des âges. Les différents croquis conçus par John Pasche pour concevoir le logo des Stones, la langue rouge, émanent sexualité et rébellion. Les différents vêtements achetés par les membres du groupe ou les différentes scénographies. Tous les films sur The Rolling Stones, de Godard (One+One) à Scorsese (Shine a Light), toutes les vidéos sur le groupe (comme ce clip avec David Bowie sur Dancing In The Street). Toutes les pochettes d’albums et toutes les photos, des séries de Warhol à la pochette hallucinée de Get Your Ya’s Ya’s Out. Tous les objets, tous les instruments fétiches. Toutes les collaborations musicales, de Billy Preston sur le superbe Melody, de Bobby Keys au saxophone sur Brown Sugar en passant par la voix céleste de Merry Clayton sur Gimme Shelter. On erre dans l’écosystème The Rolling Stones en mesurant au fil de l’exposition l’importance de leur héritage et de leur influence.

L’exposition se ponctue par un concert en 3D du groupe, qui a pour vocation de conclure l’immersion dans l’histoire du groupe. Une exposition qui nous fait prendre parfaitement conscience de la force d’un groupe qui, né dans le blues, la black music, a été également remué par le temps, prenant le meilleur des époques qu’il a traversé. The Rolling Stones ont fait du rock un objet hétéroclite, un état d’esprit adaptable et adopté, mouvant mais sincère.

Article écrit par Napalm Flagrant

Dans Indeflagration, il y a “déflagration” et rien de mieux que le napalm pour faire le boulot. On a tous besoin d’une étincelle de folie pour mettre le feu à la poudre, c’est à dire vous. Seulement les étincelles, ce n’est pas le fort de Napalm Flagrant. Avec lui, c'est net et sans bavure. Il y va au napalm, direct.

Articles liés

0 Comment

Leave a Comment

Your email address will not be published.