19 novembre 2015 -

Interview – Deluxe : moustaches, amour et Youri Djorkaeff

Il n’y avait bien que Deluxe pour nous faire marrer autant. Sans aucun doute l’interview la plus fine fun qu’on ait jamais faite.

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Interview exclusive – Ce mercredi, nous avons eu la chance de rencontrer la belle brochettes des musiciens de Deluxe : Kilo (batterie), Pépé (saxo), Piètre (guitare), Kaya (basse) et Soubri (percus, machines) ont fait étal de toute leur classe verbale et de leur douceur de vivre.

Âmes sensibles, amusez-vous bien !

Interview de Deluxe… Brute de décoffrage

Bon les gars, pour commencer, pourquoi la moustache ?

Kilo : Ah, très bonne question. Quand on a commencé la musique, on avait beaucoup de mal avec les filles. Du coup quand on a rencontré la chanteuse [Lili Boy], on a beaucoup parlé et c’est vrai qu’elle nous disait « ouais, vous êtes pas très beaux, blablabla »… Du coup on a eu l’idée de se laisser pousser la moustache pour plaire aux filles.

Et ça marche ?

Kilo : Pas du tout. On est dégoûtés.

Et pour Movember, ça en fait partie aussi ?

Kilo : Tu rigoles ou quoi ? On l’a toute l’année, nous ! C’est une sorte de porte-bonheur pour le groupe aussi. Si on la coupe, ça ne marchera plus.

Elle fait comment la chanteuse, alors ?

Kilo : Bah elle a la moustache. Viens nous voir sur scène pour vérifier.

Toujours concernant le style du groupe : pourquoi les costumes rouges et dorés sur la tournée cette fois-ci ?

Kilo : Je sais pas, c’est vrai que c’est bizarre… Mais on aime bien ces couleurs, en plus ce sont les couleurs d’Aix-en-Provence !

Pépé : L’idée c’était d’avoir une couleur unie, tous ensemble et qui pète. Du coup : tous ensemble, en rouge et doré.

Vous êtes super unis dans Deluxe, mais est-ce que vous avez les mêmes goûts musicaux, chacun de vous ?

Piètre : On se rejoint. On est différent mais je pense qu’on écoute un peu tous de tout. C’est un peu de là que vient notre style musical : quand on a commencé à jouer ensemble, on ne s’est pas dit « tiens, on va faire plein de styles ».

Ça donne quoi quand vous composez ?

Kilo : On est tous plus ou moins compositeurs, on arrive chacun avec des idées, on compose beaucoup ensemble et après on voit. Par exemple sur le dernier album on s’est retrouvé avec 50 morceaux. Du coup, on a sélectionné ensemble ceux qui nous plaisaient pour en arriver à ce qui nous semblait être le plus juste dans les morceaux.

Est-ce que vous faites des jams ou est-ce que quelqu’un s’amène avec une compo ?

Pépé : Ca dépend. Parfois c’est jam, parfois cela se passe pendant des balances sur scène, parfois même c’est des rushs.

Piètre : C’est vrai que les morceaux ne se ressemblent le plus souvent pas, parce que ça ne vient ni de la même personne, ni de la même idée, ni du même endroit.

Et les 37 restants alors ?

Kilo : D’autres albums.

[Rires]

Pépé : Non, il y en a qui ne serviront peut-être jamais, on n’en sait rien.

Piètre : Mais après au moment où on les choisit, ils ne sont pas tous terminés.

Vous en jouez certains en concert ?

Pépé : Non, c’est rare.

Soubri : Avant on le faisait un peu.

Piètre : Mais il y a quand même des parties de morceaux qui sont sur l’album qu’on développe, parfois on va faire des trucs un peu plus dubstep.

Vous avez un quatuor à cordes sur certains morceaux dans l’album. C’est toujours le même quatuor ? Comment les avez-vous rencontrés ?

Pépé : En fait, pour certains d’entre nous, on a un peu été au Conservatoire et on a un peu gardé contact. C’est de là qu’on a constitué un quatuor.

Kilo : C’était un choix artistique, depuis longtemps on voulait faire ça

Piètre : On leur fait un petit bonjour, d’ailleurs ! Grosses bises à Colin, à Sarah, à Martha et à Claire.

Dans votre vie quotidienne, vous êtes tout le temps ensemble.

Deluxe en choeur : Ouais

Soubri : Sauf le lundi de 8h à 9h.

Ça fait quel effet de jouer à l’Olympia ?

Kilo : C’est une date qu’on attend depuis longtemps. On est très fiers.

Piètre : C’est un rêve qui se réalise, aujourd’hui on est passé devant les lettres rouges sur la devanture et c’était incroyable. Il y avait déjà Deluxe écrit, c’était top.

Pony, le tube de Deluxe aux 3 millions de vues de Polishing Peanuts (2011)

Surtout que vous avez commencé à jouer dans la rue à la base.

Kilo : On a commencé à jouer dans la rue pendant cinq ans en faisant la manche, histoire de se faire un peu de sous et vivre. Et on faisait aussi ça pour se faire connaître.

Pépé : Ouais, au départ on avait une partie un peu Deluxe-événements, on faisait des mariages, des trucs comme ça (même des booms), où on distribuait nos cartes de visite.

Vous faisiez d’autres boulots au début ou pas ?

NON ! [Rires] Certains oui.

Pépé : J’étais livreur, j’ai pas honte de le dire !

Kilo : Pareil !

Soubri : Moi j’étais intérimaire dans le bâtiment

Kaya : J’étais plongeur.

Piètre : J’ai toujours fait de la rue. J’ai fait un peu de plonge aussi.

Soubri : Ouais, moi aussi j’ai fait de la plonge. Et même que certaines fois j’ai fait le trottoir très tard. Je me faisais enculer dans le passage de la…

[OOooh !]

Piètre : On parle de petits boulots, les mecs !

Et vos instruments ensuite, vous avez début/choisi chacun de votre côté ?

Pépé : Ca dépend. Au départ, on a tous commencé un peu chacun dans notre coin mais s’est vite retrouvé, quoi.

Vous vous connaissez d’avant la musique ?

Kilo : Ouais, moi avec Kaya ça fait vingt ans qu’on se connaît. T’imagines ? On avait six ou sept ans. J’ai vu sa petite zigounette avant que ce soit un monstre tel qu’on le connaît maintenant. On l’entendait, on l’appelait le marteau de Thor ou le défonceur de portes.

Soubri : Ou l’enculeur du passage de…

[OOoooh !]

Et pour parler de choses un peu plus sérieuses, c’était pas trop dur le cap du deuxième album qui est parfois un peu difficile pour les artistes ?

Pépé : C’est ce qu’on se disait, en fait c’était pas vraiment notre deuxième album comme avant on a sorti un EP (Polishing Peanuts).

Piètre : On a un peu brouillé les pistes comme notre premier album était un EP.

Kilo : Par contre c’est vrai que The Deluxe Family Show était beaucoup plus stressant que celui-là. Les gens étaient super enthousiastes de Polishing Peanuts et attendaient beaucoup de Family Show. Maintenant celui-là, on l’aborde plus sereinement et on a moins le stress. Bon, en réalité on est quand même un peu stressés, mais c’est pas le même stress.

Piètre : C’était plus Family Show la confirmation.

Vous avez passé beaucoup de temps à bosser et peaufiner ce nouvel album ?

Piètre : Ouais, on a dû y consacrer autant de temps que les deux précédents réunis, je pense.

Soubri : Polishing Peanuts + Family Show = Stachelight ? Peut-être…

Piètre : Hmm… Est-ce donc à dire que Stachelight – Family Show = Polishing Peanuts ?

Soubri : … Ta gueule.

Et l’idée de collaborer avec des artistes aussi différents que -M- ou IAM, c’était une envie de toujours ou c’est venu après ?

Kilo : Bah depuis toujours. Quand on jouait dans la rue, on jouait des morceaux de -M-… On est absolument fans d’IAM, depuis la première heure, -M- c’est pareil… C’était encore inimaginable il y a six mois de ça parce que l’album était quasiment fini, on avait encore aucun featuring sur l’album et c’était pas l’idée de faire des featurings. Et puis je ne sais pas comment ça s’est passé, un coup de chance un peu. On a fait des dates cet été, on les a rencontré, on a accroché comme on était déjà fan et ils ont bien aimé le projet ! On leur a envoyé des morceaux et à notre grand étonnement ils ont répondu.

Est-ce qu’il y a des featurings que vous rêveriez de faire ?

Kilo : Je pense qu’on peut pas faire mieux que là.

Pépé : Après il y a quand même les Américains, mais bon…

Kaya : Il reste quand même Youri Djorkaeff.

Piètre : Ouais, c’est vrai, il y a Youri Djorkaeff quand même. On pourrait faire un album avec lui avec que des reprises.

[Rires]

Pépé : Mais pour revenir sur nos featurings, le point commun c’est qu’on les a tous rencontrés. Ça ne s’est pas fait que par téléphone. La condition pour Deluxe c’est que ce soit une vraie rencontre. Et pas mal de sextape aussi.

Chacun d’entre vous a un surnom dans Deluxe, ça vient d’où ?

Pépé : Ah bah il va falloir deviner qui est qui, alors déjà !

[S’ensuit un jeu entre Indéflagrants et Moustachus digne d’un épisode de série policière américaine, les scènes avec les profilers et tout. On notera parmi les citations à retenir : « j’ai toujours l’impression que les saxophonistes sont plus grands et longilignes, je sais pas pourquoi » ou encore « les guitaristes sont plus tassés ».]

Kilo : Les surnoms, on se les est donnés il y a très longtemps à force de se connaître… Moi c’est Kilo parce que j’envoie du lourd. J’ai la frappe lourde.

Piètre : Moi c’est Piètre parce qu’on m’a toujours dit « tu sers à rien, tu es un piètre musicien, tu es même une piètre personne ».

Kilo : Oh, ça va, arrête de te plaindre. On a juste dit que t’étais une grosse merde.

Soubri : Moi c’est Soubri parce que je me suis fait déboîte sur le court…

[OOoooh !]

Pépé : Moi c’est Pépé parce que j’ai rencontré plusieurs fois Bouddha.

Piètre : T’as pas rencontré plusieurs fois des boudins ?

Pépé : Ah oui, ça aussi. C’est vrai, bien vu.

Plutôt live ou plutôt studio ?

Tous ensemble : Live !

Il y a une différence dans le jeu de scène entre vous dans la rue et vous à l’Olympia ?

Pépé : C’est pareil.

Kilo : Mis à part les lumières et toute la technique.

Pépé : Ouais mais sinon c’est pareil. C’est même plus difficile de jouer dans la rue parce que les gens t’attendent pas, ils sont pas venus pour toi. C’est vraiment ça qui nous a formés à la scène, c’est vraiment la même chose. On essaye de faire en sorte que les gens s’éclatent.

Piètre : D’ailleurs on met toujours une petite housse de guitare sur le devant de la scène à nos concerts…

Si vous devez vous marier et que votre femme vous demande de vous raser la moustache, vous le faites ?

Soubri : Moi je la cogne.

Kilo : On a déjà tous quelqu’un et elles se sont faites à l’idée qu’on sera toujours avec une moustache.

Pietre : D’ailleurs on a choisi des filles à moustache.

Si vous aviez chacun un groupe/artiste à retenir ?

Piètre : J’hésite entre deux… Allez, ce serait Richard Gotainer, ça c’est sûr et le deuxième dont je suis moins sûr mais que j’adore aussi c’est Liane Foly.

Pépé : Moi ce serait Patrick Sébastien et Sébastien Patoche. Ils sont complémentaires.

Soubri : Moi c’est Loïc Padolou. Le jazzman au disque incontournable.

Kilo : Moi c’est Titoff. C’est pas lui qui avait fait la chanson avec les taureaux, là ?

Soubri : « Viens que je t’encule » ?

[OOoooh !]

Kaya : Moi je crois que ce serait quand même Youri Djorkaeff.

La relation avec Liliboy, ça se passe bien sachant qu’elle est la seule fille sur un groupe de six ?

Kilo : Ouais, grave. Bah tiens Lili, t’en penses quoi ?

[Lili n’est pas là]

Kilo : Ah bah vas-y parle, on t’entend moins, tu l’ouvres moins ta grande gueule ! Vas-y ! Et bah voilà ! Elle chiale ! Comme toujours ! Et elle en met plein partout !

[Rires]

Kilo : Non mais oui elle est contente, mais juste là on arrive au bout, on a fait plein de dates, on commence à ressentir la fatigue… Mais ça se passe super bien. « Liliboy », c’est le colonel, elle tient un peu les rênes du truc !

Article écrit par Socrate Flagrant

Des rayons des disquaires aux salles de concerts en passant par la place derrière le micro, Socrate est un être de musique flagrant. A l’affût des dernières nouveautés indé comme des dernières innovations pour Indeflagration, c’est un créateur bercé dans la folk et le funk. Il vous régale depuis le début en chroniques et interviews agrémentées de jeux de mots dont lui seul connaît le secret, et souvent même, le sens...

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